• Lettre ouverte à Dieudonné

    Au nom de tous les miens!

    Mon frère,

    Permets moi de t'appeler ainsi, après tout je suis camerounaise comme ton père et ma couleur de peau me prédispose à partager ou du moins à comprendre certaines de tes opinions. Je t'appelle mon frère parce que chez nous on ne ferme pas la porte au nez de celui qui a besoin d'aide. Je t'appelle mon frère parce que pendant longtemps tes paroles ont réconforté mon pauvre coeur exilé sur ces terres occidentales. Aussi lorsque les premières critiques , les premières paroles sont arrivées, je t'ai soutenu au nom de tout ce que nous avons en commun, j'ai même pardonné tes dérives que j'attribuais à la frustration de voir notre notre cause reléguée au second plan. Il faut dire que tes adversaires avaient réussi à faire de toi une victime, en te privant d'une liberté fondamentale à savoir celle d'exercer ton art . Il faut aussi avouer que les réactions de certains de tes adversaires étaient tout aussi excessives que tes propres paroles. De plus, mes oreilles sifflaient devant trop de "Ya bon banania" et "Tête de nègre" impunies. Alors , me disais je, si on peut rire des miens sans être puni pourquoi ne pourrait on pas rire des autres?

    Seulement aujourd'hui mon frère je ne te comprends plus. Au nom de quoi te permets tu de qualifier la souffrance des autres de pornographie? Est ce la faute des victimes de la Shoah si l'esclavage, la colonisation et tant d'autres mots affectant les noirs passent encore sous trappe? De plus que l'on soit 10, 20; 1000 ou 1000000 la souffrance est toujours la même. La shoah a été une immense souffrance, la guerre du Rwanda a été une énorme souffrance, le 11 septembre aussi et j'en passe et pas des meilleurs. Mais à quoi aura servit la souffrance des morts si les vivants n'ont rien de mieux à faire que de se livrer au concours infecte de la " souffrance la plus médiatique"? Réponds à ma question mon frère? Ne comprends tu donc pas que par tes paroles tu offenses tous les morts, qu'importe la race? Ne comprends tu donc pas qu'en empruntant le chemin dangereux de la comparaison des crimes tu ne fais que justifier, même involontairement, les thèses les plus ignobles?

    Parce que nous partageons des choses en commun, mon frère, je veux croire que tes mots ne sont que des maux, que derrière ces coups médiatiques il y a une âme en peine qui cherche seulement à exprimer une souffrance. Alors mon frère, au nom de tout ce que nous partageons, au nom de tous les miens, je te supplie de revenir sur tes paroles.

    Ta soeur.


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